« Fleuve » en résidence de création cette semaine

« Fleuve » en résidence de création cette semaine

« Fleuve » est en résidence de création cette semaine au Centre culturel de Liffré.

Après un travail sur le son immersif en 4D ces derniers mois, cette résidence permettra de mettre en place les éléments de décors (feuilles géantes réalisées par le plasticien François Marsollier) et privilégiera le travail des lumières.

Des siestes de « restitutions » auront lieu le jeudi 1er Mars à 15h30 et 18h et le Vendredi 2 Mars à 10h30.
Toutes les informations par ici.

Et pour l’occasion, nous avons demandé à Sam Verlen (compositeur et musicien) de nous décrire la genèse et les du projet :

« Tout a commencé avec la lecture de l’essai philosophique « La vie intense, une obsession moderne » de Tristan Garcia.

Cet ouvrage a particulièrement résonné en moi à un moment où je tentais (et depuis quelques années déjà) de repousser les limites de l’intensité dans ma vie professionnelle à tel point que plus rien d’autres n’avaient d’importance. Comme beaucoup, je me suis pris au jeu de « l’accélération du temps » et de « la vie intense » qui sont devenues en quelques dizaines d’années des normes sociétales dans tous les domaines.

Les émotions et sensations qui doivent être de plus en vives et fortes (que ce soit dans la tristesse ou  la joie), l’accélération du temps (on doit faire toujours tout plus vite et utiliser le temps de façon optimum). Le problème avec l’intensité étant qu’une fois que l’on a vécue quelque chose à un niveau d’intensité personnel donné, la même expérience renouvelée une seconde fois s’avère souvent plus fade. Ceci entraînant une dépendance à une recherche d’intensité toujours plus élevées pour qu’elles restent intenses. Avec ce type de dépendance, on voit de plus en plus arriver les burn out quand le corps ou l’esprit ne suivent pas.

Comme Tristan Garcia le décrit, ce standard d’intensité se confronte à un autre standard sociétal que l’on pourrait appeler la recherche de sagesse (par la méditation, le yoga, etc…la recherche de sérénité, de maîtrise de ses émotions). Une sorte d’opposé à l’intensité en somme, plus proche de la nature et d’un rythme « naturel ».

La création de la rêverie électro-aquatique « Fleuve » est née de ce besoin, d’abord personnel, de retour à un point d’équilibre en s’accordant ainsi des moments hors-champs, déconnecté du flux d’intensité ambiant par la musique.

Assez rapidement, le thème de l’eau (et de son cycle) m’a semblé une belle métaphore à l’intensité et au temps qui passe inexorablement. Chaque goutte d’eau ne revenant jamais là où elle est déjà passée en s’enrichissant de l’environnement qu’elle croise à chaque instant sur sa route. Me passionnant de plus en plus pour la musique à l’image, j’avais envie d’une musique proche d’une musique de film mais qui  induise en plus la détende . L’idée était donc ici de privilégier les mélodies, de les détourner, les ré-arranger, les faire évoluer comme l’eau qui se transforme…Ainsi chaque pièce de ce puzzle musical figure d’un morceau du voyage d’une goutte d’eau : « Pluie », « Du ruisseau au Fleuve », « Le lac », « Neige », « La mer ».
Côté instrumentation, j’ai clairement souhaité privilégier un retour aux claviers: le piano en instrument central, les synthés analogiques pour réaliser des sons en mouvement et plus fluides. La Harpe est aussi venue s’ajouter naturellement comme un instrument indispensable à cette représentation liquide et le glockenspiel à l’aspect cristallin de la neige. J’ai ainsi demandé à Virginie Guilluy de m’accompagner sur ce projet pour jouer de ces instruments, chanter et pour lire quelques textes.

En espérant que l’immersion vous sera douce et apaisante ! »



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